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Grace Kelly : " Mon engagement pour la cause de la femme"

Grace Kelly : " Mon engagement pour la cause de la femme"

Publié le 05 décembre 2018 Par Rédaction // Kinevent mag
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Les Nations Unies consacrent chaque année une journée pour la cause des Violences faites aux femmes, la rédaction de Kinevent Magazine a choisit d'offrir la parole à une jeune femme cogolaise engagée qui raconte son histoire avec cette lutte, et pour l'occasion elle n'a pas hésité de "BRISER LE SILENCE".

Kinevent Mag : Comment pouvons-nous vous introduire auprès de nos lecteurs ?

Grace Kelly : Je m’appelle Grace Kelly, je suis artiste, mère, ainée d’une famille de cinq filles. Je suis fondatrice de Khoi Khoi Courrier en Afrique du Sud et tout récemment Kavu (agricole) et de Lufira ONG, bref je suis une femme active et très engagée.

KM : Vous êtes une femme engagée très proche de la question de la violence faite aux femmes, quel sens donnez vous a cet engagement?

GK : La violence faites aux femmes est un sujet sensible, délicat et sérieux aujourd’hui. En tant que femme cette question m’intéresse particulièrement. C’est un gros désastre qui devrait être suffisamment traité et combattu. Les chiffres sont en hausse et la problématique persiste à ce jour malgré les avancées non négligeables.

La violence a plusieurs formes et soixante-dix pourcents des femmes aujourd’hui en sont victimes, c’est énorme. Je me sens donc très concernée. J’ai la conviction que les blessures des femmes devraient être guéries d’abord par d’autres femmes. Je pense qu’il est temps de prendre conscience qu’aujourd’hui le fait d’être femme ne nous met pas en sécurité quelque soit l’endroit on nous nous trouvons dans le monde. Les femmes subissent des atrocités et nous devons nous y mettre un terme.

KM : Quels devraient être les principaux acteurs de cette lutte selon vous ?

GK : Je prends de plus en plus conscience de l’impact des violences subies les femmes. J’ai regardé le film du Docteur Mukwege (l’homme qui répare les femmes), que lors de sa sortie à Lubumbashi et j’ai eu comme un déclic. Je félicite ce grand homme pour son œuvre en faveur des femmes. Je m’intéresse beaucoup plus au sujet et j’aimerais faire partie du changement en tant « qu’acteur ». Au niveau individuel tout comme au niveau collectif il faut avoir le maximum d’acteurs possibles. De nombreuses organisations se battent pour lutter mais il faut faire encore plus. Nous devons tous être engagés dans ce combat. Tant que les chiffres continueront à augmenter, nous devons redoubler d’efforts pour éradiquer cette tare sociale. Je pense quand même que les femmes sont les premières concernées.

KM : Comment voyez vous la situation de la femme congolaise par rapport a cette problématique mondiale ?

GK : La femme congolaise est victime de viol, d’agression sexuelle, de violence sous toutes ses formes, physique, émotionnelle, psychologique et verbale. Les femmes à Beni sont menacées tous les jours par cette violence qui les détruit non seulement elles en tant que personnes mais ainsi leurs familles ainsi que les hommes sur qui elles ont une influence. C’est carrément la destruction de la famille, ce tissu social de base. La femme congolaise est en détresse elle devrait être secourue par la législation, les structures des défense des droits de l’homme, par l’Etat.

KM : Quelles mesures concrètes préconiseriez-vous dans cette lutte ?

GK : C’est une question qui n’a pas de réponse simple et directe. Je pense qu’il faut commencer par briser le silence, éveiller les consciences du monde qui nous entoure. Nos agresseurs sont les hommes. Faudrait-il guérir les hommes? De quoi? Apprenons à nous respecter et à nous aimer mutuellement et en vérité. On parle de fléau social. Il faut une prise de conscience dans chaque individu. Impliquer le gouvernement, les ministères, les femmes et citoyens congolais à lutter ensemble contre cette problématique qui finira par nous affecter tous dans un sens ou dans un autre. On doit en faire une priorité.

Grace Kelly, expression artistique / Crédit Photo : Arts Mustache
Grace Kelly, expression artistique / Crédit Photo : Arts Mustache

KM : Quel regard avez-vous sur la jeunesse en rapport avec cette question ?

GK : Le monde est en train de vite changer. Les choses qui étaient cachées et tabous il y a 20 ans, aujourd’hui sont accessibles d’un simple clic dans nos téléphones. Malheureusement les jeunes grandissent et évoluent dans un monde où l’inacceptable devient permis; Les traditions sont remises en question; la violence est de plus en plus récurrente dans les endroits les plus inattendus. Je crains que l’actualité du monde couve un futur plus difficile. Voila pourquoi il faut changer les mentalités maintenant, sans attendre et la jeunesse est un vrai champs. Nous devons éduquer nos hommes quand ils sont encore touts jeunes.

KM : Et la violence conjugale, les femmes battues qui restent silencieuses. qu’en dites vous?

GK : La violence conjugale. Silence (respire). Voilà pourquoi je dis que c’est un sujet sensible et ça explique mieux mon désir de m’engager dans cette lutte. La violence conjugale est réelle, elle existe également sur plusieurs formes et est très dévastatrice. Dans mes relations j’ai été personnellement victime des violences conjugales. Certains lecteurs seront peut-être surpris (sourire). Oui, j’ai été victime, d’abus sexuel à l’âge de 11 ans, et jusqu’aujourd’hui je vis les séquelles.

C’est un sujet tabou. Il est difficile de partager sans éprouver la crainte d’être incomprise, maltraitée, repoussée, honteuse ou traitée de menteuse ! Nous avons la pression familiale, culturelle et malheureusement l’envie de garder son histoire secrète. Mettez vous à notre place, si vous devriez vous faire battre ou violé, vous n’irez pas le raconter, pour avoir de l’aide aussi facilement; c’est pareil pour nous.

"A l’âge de huit, responsable religieux d’une grande église de la place, ami de mes parents, m’embrassa avec la langue après que mes parents aient insisté que j’aille lui dire bonjour. Notons que cette homme avait un orphelinat. Ce n’est que l’année passée que j’en ai parlé à ma mère".

L’ennemi est beaucoup plus proche que nous le pensons. Soyons vigilants et agissons pour protéger nos mères, nos sœurs, nos filles, nos enfants. Toute forme de violence réclame de l’attention et une réaction. Arrêtons de considérer la violence comme étant normal. C’est difficile d’en parler quand on est victime, d’aller de l’avant, de dénoncer, de ne plus se culpabiliser, mais nous devons à tout prix rompre le silence pour aller de l’avant.

KM : Quelle est votre contribution individuelle face a tout cela ?

GK : Je prends conscience de ce problème dans la société. Je réalise que nous ne sommes pas assez impliqués. Je travaille sur un projet artistique qui dénoncera la violence contre les femmes et malheureusement je ne peux pas donner plus d’informations pour l’instant. Avec mon ONG, nous les femmes, voulons travailler ensemble pour contribuer à l’éducation, à la protection de la femme et de l’enfant, à contribuer au développement d’une société saine et à construire un avenir meilleur pour ceux qui viennent après nous. Ma société qui tourne autour de l’agriculture sera une plateforme pour les femmes afin de leur permettre de travailler et de construire leurs foyers. Je continue de valoriser la femme à travers mes peintures, la mode et dans ma musique. Nous devons œuvrer ensemble.

KM : Mot pour la Fin ?

GK : Le combat continue ! L’Amnesty a déclaré que la cause principale de mortalité des femmes entre 16-44 ans, est la violence domestique, plus mortelle que le cancer, les accidents de voitures et la malaria réunit. 1, 3 millions de filles et de femmes sont victimes d’exploitation sexuelle. Plus de 125 millions de filles et de femmes vivent avec les séquelles de mutilations génitales. Ces chiffres ne font qu’augmenter. Faisons quelque chose et agissions maintenant ! Le combat continue.

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